La FSU34 est co-déclarante (avec Solidaires 34 et la coordination lycéenne) du parcours demandé par les lycéen.nes pour Montpellier ce samedi 31 octobre. Départ à 14h de la Fac de Science.
À Béziers : 10h30 Place David D’Angers
Depuis maintenant un mois, la colère sociale s’exprime par des mobilisations de plus en plus fortes. Partie d’une colère légitime des lycéennes et lycéens face à leurs conditions d’études et un avenir incertain, elle s’est élargie à une grande partie de la population qui dénonce en particulier la vie chère. Cette mobilisation de plus en plus puissante marque un moment important pour le mouvement social. Après 10 ans d’une pratique très verticale du pouvoir, le gouvernement est aux abois et mis en difficulté. Une brèche s’est ouverte, la FSU considère que le moment est venu d’augmenter le rapport de force afin d’aller vers des victoires du monde du travail.
Preuve de la fébrilité du gouvernement, le Premier ministre a reçu en urgence les organisations syndicales. La FSU a alerté sur la gravité du moment et demandé des réponses concrètes aux revendications qui s’expriment depuis plusieurs semaines. La société est traversée par des colères sociales multiples, fruit des politiques macronistes menées depuis 10 ans. Le gouvernement n’y apporte que des réponses sécuritaires et une remise en cause de l’État de droit. La FSU dénonce ces politiques qui ne peuvent que faire le lit d’une extrême droite qui entend récupérer les colères pour se renforcer.
Dans un tel contexte le gouvernement doit apporter des réponses sociales et budgétaires aux revendications :
- L’augmentation de la valeur du point d’indice et la revalorisation des carrières de la fonction publique et des pensions
- Des créations de postes en nombre suffisant pour diminuer le nombre d’élèves par classe et d’étudiant.es par groupe de TD et pour assurer la présence d’équipes pluri professionnelles au complet
- L’augmentation du nombre de places dans l’enseignement supérieur, notamment à l’université et en STS, pour sortir de la sélection et de Parcoursup
- Un budget des collectivités territoriales permettant d’assurer la rénovation du bâti scolaire et le redéploiement des services publics
Autant de mesures qui doivent trouver leur traduction immédiate au budget 2027.
En réponse aux mobilisations de la jeunesse, le Premier ministre a évoqué l’ouverture de discussions dans le cadre d’un accord national interprofessionnel sur l’emploi des jeunes, alors même que le MEDEF a remis sur la table son serpent de mer : un régime dérogatoire de contrat de travail, nouvel avatar du SMIC Jeunes ou du CPE. La FSU dénonce cette proposition qui est une nouvelle attaque contre la jeunesse. Elle alerte fortement : le système éducatif n’est pas le prestataire de service du patronat.
La question que pose la jeunesse et qui taraude aussi les personnels est celle du sens et des finalités du système éducatif : contre l’école du tri social, il est temps d’engager une nouvelle phase de démocratisation de l’accès aux savoirs émancipateurs, aux études et aux qualifications, c’est une urgence pour relever les défis écologiques, technologiques, sociaux et démocratiques qui sont devant nous. L’école a besoin de moyens, humains et matériels pour lutter contre les inégalités de toute nature et permettre la réussite de tous et toutes.
La force du mouvement lycéen et étudiant, soutenu par les organisations syndicales, a contraint Emmanuel Macron et le gouvernement à reconnaître qu’il fallait faire évoluer Parcoursup.
Mais les aménagements annoncés pour 2027 sont complètement à côté des enjeux et ne répondent pas aux revendications. Quant à la « refonte » pour 2028, elle n’engage pas le gouvernement. Pour la FSU, abroger Parcoursup, et renouer avec l’ambition d’un système éducatif émancipateur pour toutes et tous qui ouvre réellement les portes de l’enseignement supérieur et l’accès aux qualifications, c’est possible et nécessaire !
Parcoursup est avant tout un outil de sélection introduit par la Loi ORE en 2018, conséquence du refus d’augmenter le nombre de places à l’université à la hauteur des besoins. Il est le symbole d’une politique malthusienne qui trie et classe les bacheliers pour écarter une partie de la jeunesse, généralement issue des milieux populaires, de l’accès aux études.
Les conséquences en sont largement connues et dénoncées tant par les organisations syndicales que par la mobilisation des lycéen·nes et étudiant·es.
Pour en finir avec la sélection, il faut financer en urgence 150 000 places dans l’enseignement supérieur public. L’augmentation de 15 000 places dont 10 000 en BTS est loin du compte pour garantir le droit de tou·tes les bachelier·es à poursuivre les études supérieures de leur choix. Pour cela, il manque 1,5 milliard d’euros au projet de budget pour l’enseignement supérieur dans le PLF 2027. Cela représente 0,9 % des 166 milliards d’aides aux grandes entreprises que Bercy reconnaît avoir versés en 2024.
Il faut remplacer la logique de sélection par une procédure d’affectation dans l’enseignement supérieur public qui permette la hiérarchisation des vœux a priori par les bachelier·es, et le traitement à égalité des candidat·es. Le baccalauréat doit rester le premier grade universitaire ouvrant la liberté d’inscription à l’université.
Contrairement à ce que prétend le gouvernement, l’abrogation de Parcoursup est possible et finançable. C’est une urgence sociale, éducative et démocratique ! Le gouvernement ne peut ignorer cette revendication portée par des centaines de milliers de lycéennes, étudiant.es, personnels de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, parents, citoyen·nes depuis des semaines.
Tout ceci exige aussi de résoudre la crise d’attractivité qui frappe les métiers de l’éducation et l’ensemble des métiers des services publics. Mais pour la Fonction publique, aucune réponse n’est aujourd’hui apportée aux revendications des personnels qui étaient en grève le 29 septembre.
Depuis un mois, la FSU a été mobilisée et présente aux côtés des jeunes, devant les établissements et dans les manifestations, pour soutenir des revendications légitimes. C’est en revanche à l’État d’assurer la sécurité et la liberté de manifester. La FSU a redit sa colère de voir les élèves aux prises avec une répression disproportionnée, comme les manifestant·es, dont ses militant·es malmenées voire blessées par des policiers dans des cortèges pourtant très organisés. La restriction des libertés et les violences policières ne peuvent tenir lieu de réponse à la colère sociale. Les manifestations organisées ces dernières semaines étaient joyeuses, festives et déterminées, cela doit continuer. Le droit constitutionnel de manifester doit être garanti par l’État.
Tout montre que le gouvernement est en position de faiblesse, piégé dans l’impasse politique et sociale de l’austérité budgétaire.
La FSU sera donc présente dans les manifestations du samedi 31 octobre aux côtés de la jeunesse et de la population, pour les salaires et les services publics.
La FSU appelle les personnels à amplifier la mobilisation en s’engageant massivement dans la grève et les manifestations unitaires le 5 novembre et à discuter sur les lieux de travail des suites de cette journée. Elle a déposé un préavis de grève pour l’ensemble du mois de novembre et proposera à ses partenaires syndicaux d’amplifier la mobilisation. Une brèche s’est ouverte, élevons le rapport de force !
Manifestations du samedi 31 octobre 2026
Montpellier : Départ à 14h de la Fac de Science.
À Béziers : 10h30 Place David D’Angers