Ce sont près de 400 agent·es de la DGA ASEF qui étaient réuni·es à Jean Bène le jeudi 25 juin pour honorer l’invitation de la Direction à l’occasion de la présentation du nouveau Plan d’Action 2026-2029. Au regard du climat tendu et des inquiétudes qui règnent actuellement au sein de nombreux SDS et services centraux, des incertitudes planaient quant à l’issue de ces rencontres qui finalement ne marqueront pas l’histoire.
Bon nombre d’agent·es y sont allé.es sans grande conviction, peu enclin à se projeter sur les comités d’agents auxquels ils·elles sont attendu·es à la rentrée prochaine. La rencontre a aussi été déclinée sur le biterrois le 8 juin avec la même dynamique des agent.es. Pourquoi ? Parce que beaucoup sont découragé·es, résigné·es, mettant de côté leurs convictions professionnelles pour composer avec les conditions de travail actuelles. Aussi parce qu’au-delà de la nécessité voire l’obligation de répondre présent-es , il n’est pas aisé de s’autoriser à intervenir devant sa direction ce qui conduit certain.es à faire preuve de retenue. Pour d’autres c’est le corps et/ou l’esprit qui ne suit plus avec pour seul répit un arrêt de travail (dont on rappelle qu’il est extrêmement coûteux pour l’agent·e).
Donc contrairement à ce qu’on pourrait croire, cette rencontre ne s’est pas bien passée selon la FSU !
Sur la forme tout d’abord : le plan d’action ne présente pas de réelles nouveautés dans sa version 2 si ce n’est de poursuivre la dynamique de la première mouture de 2024-2025-2026.
L’administration en fait un bilan globalement positif mais rappelons que beaucoup d’actions étaient déjà dans les tuyaux en amont de la mise en place du plan d’action Version 1 lequel est venu formaliser les résultats qui, de toute façon, auraient eu lieu.
Tout l’enjeu pour cette V2 sera donc de fixer de nouveaux objectifs en accord avec les réalités du terrain et fondés sur les propositions des agent.es via le questionnaire diffusé ce mois de juillet. A vos claviers tout le monde !
Aucune ambition politique n’est associée au Plan V2 à la hauteur de l’effondrement des professionnel·les pris.es dans le tsunami des conditions de travail dégradées devenues à présent une norme que la FSU refuse d’accepter.
Combien de fermetures de services depuis un an ? Combien d’équipes affichent un effectif complet sur les 34 STS du département ? Combien de retours de travailleurs.ses médico sociaux et cadres de proximité en mi-temps thérapeutique (non compensés) depuis janvier 2025 ? Combien de missions non assurées par les agent·es contraint·es de prioriser encore et toujours ? Combien de professionnel·es écoeuré·es par les métiers du social ? Combien de création de postes pérennes par rapport au nombre de contractuel·les recruté·es en contrat de projet ou contrat 3-2, quand bien même la situation économique de la collectivité motive des restrictions budgétaires ? Ce sont ces sujets concrets que les travailleurs médico-sociaux voulaient aborder.
Le fond n’y était pas. La question des moyens, humains notamment, manque à l’appel et le saupoudrage SNPPE-ETIP-équipe relais ne suffit évidemment pas.
Pour autant, les professionnel·les sont prié·es de participer aux comités des agent·es, mais avec quelle disponibilité ? Quelle énergie ? Quelle légitimité si le sujet n’est pas investi et porté en interne sur les équipes de territoire ?
Dans une configuration plus favorable, OUI, le projet serait ambitieux et porteur,
MAIS en l’état il parait hors sol pour beaucoup d’agent.es.
La seule cohérence avec la réalité de terrain était la prise de parole de l’équipe du STS de Jacou. Leurs réalités de travail occasionnent la fermeture du service depuis fin mai, toujours d’actualité à l’heure où nous écrivons ces lignes.
Cela témoigne d’un niveau de dégradation du service public jamais atteint depuis la Covid. Monsieur Mesquida et ses élu·es en charge des compétences en question n’ont rien à en dire ?
Cette situation est aussi inacceptable qu’inquiétante car elle illustre les effets insidieux et à long terme au niveau humain, d’un cumul de problématiques générant un dysfonctionnement de service profond telle une bombe à retardement.
Certes des recrutements sont en cours mais cela ne résoudra pas la problématique de fond. Quid du turn-over et des modalités de réouverture à accompagner dès maintenant ?
Les problématiques vécues par les STS sont aussi structurelles et la FSU l’avait annoncé dès le début de la réorganisation de la DGA SD en 2018 contre laquelle elle avait proposé un contre-modèle vertueux, et au final bien moins coûteux. Les agent·es paient aujourd’hui le prix fort des choix catastrophiques de l’exécutif qui emportent avec eux la qualité du service public, choix qui s’avèrent d’autant plus néfastes aujourd’hui dans le contexte financier de la collectivité.
L’optimisme de la direction annonçant la reprise de l’analyse des pratiques est une mascarade face au contexte global marqué par la suppression des rares bénéfices à l’ASEF : suppression des 5 jours de cumul activité, suppression de l’indemnité de tuteur de stage, projet de suppression de l’indemnité forfaitaire de déplacement pour les seuls travailleurs-sociaux de Montpellier, Béziers et Sète …
« Ne soyez pas désespérés » se sont entendus dire les agents à Jean Bene.
« Mobilisez-vous ! » répond la FSU !