Madame la Présidente,
En ce mois de décembre nous vous alertons sur la situation des agents qui font leurs comptes. Complémentaire santé et prévoyance, nouvelle carte cadeau SWILE offerte aux agents, chèque ANCV version numérique, le trio gagnant d’une grande mascarade dont les agents font le constat en cette fin d’année 2025.
Un grand nombre d’entre eux se préparent à ajouter à leur budget courant la charge supplémentaire que représentera la protection sociale complémentaire. Si celles et ceux qui souscrivaient déjà à la prévoyance trouveront un mieux grâce à la participation employeur enfin octroyée, pour beaucoup, ces 50% de prise en charge du montant de l’adhésion ne suffiront pas à amortir le coût engagé. A cela s’ajoutera la complémentaire santé (mutuelle) pour laquelle les 15€ de participation sont une offense pour les plus précaires. Cet unique montant quels que soient les revenus de l’agent et sans aucune prise en compte des ayants droit (enfants, conjoint.e) sera aussi trop peu convainquant pour toutes celles et ceux qui se détournent du contrat de groupe de la collectivité.
Les agents ont jusqu’au 20 décembre pour faire les démarches en ligne via intra34, beaucoup s’y prendront tardivement or, au regard des premiers témoignages, l’espace en ligne s’avère peu intuitif et pas si accessible, même pour les plus aguerris. Nous saluons que le service de communication ait répondu à la demande de la FSU faite en instance dernièrement de prioriser et renouveler l’information sur la PSC qui est nouveau d’actualité cette semaine sur Intra 34.
Par ailleurs, fin novembre, un grand nombre d’agents ont reçu la carte cadeau à l’occasion de Noël.
Oh surprise, l’habituelle carte illicado cède la place à la carte SWILE suite à un nouveau marché public. SWILE devenu l’an passé sponsor du Montpellier Hérault football pour sa pire saison de ligue 1 de son histoire, devient à présent le support insupportable de l’action sociale famélique du conseil départemental…
Plutôt que, je cite « la cerise sur le gâteau d’une carte fabriquée en PVC recyclé », les agents auraient juste préféré qu’elle fonctionne aussi bien que la précédente car plusieurs agents ont déjà fait l’écueil d’un refus de carte en magasin ou sur internet. Malgré les 25000 enseignes annoncées, les lieux conditionnés aux achats en ligne ou à la transformation en bon d’achat font douter sur la plus-value de cet opérateur. En plus de son usage fastidieux , s’ajoute « cerise sur le gâteau » l’impossibilité de cumuler la carte SWILE et un paiement complémentaire pour un achat dépassant le montant de la carte. Par conséquent, le département fera cadeau à cette plateforme de quelques milliers d’euros qu’il sera rendu impossible à dépenser pour les agent.es.
Et rappelons-le au passage, la carte reste limitée à l’âge de 12 ans, parce que c’est bien connu, au-delà, les enfants ne croient plus au Père Noël…
Enfin, les chèques vacances ANCV. En juillet dernier, les agents qui avaient fait le choix d’y souscrire ont eu la surprise d’apprendre qu’ils étaient exclusivement délivrés en format digital aux motifs d’une importante perte des chèques papier antérieurs et d’une anticipation sur la fin généralisée de la version papier dans les 2 années à venir. Nous ignorons ce que la collectivité a gagné à faire ce choix, mais ce que nous savons c’est que les agents y ont, là aussi, perdu en commodité d’usage car les établissements s’avèrent encore mal équipés pour recevoir ce mode de paiement digital. Et, « cerise sur le gâteau » à nouveau, les convertir en format papier implique un coût de 10€ pour l’agent.
Depuis septembre 2024, la FSU dénonce l’engagement non tenu de l’administration suite à l’accord des 1607h sur la QVT et l’action sociale. Il était prévu qu’un comité de suivi se réunisse une fois par an selon un calendrier prévisionnel et un ordre du jour établis par l’administration :
Le sujet de la protection sociale tout d’abord, d’automne 2022 à fin 2023, qui a finalement pris du retard suite à la suspension des séances de négociations brutale il y a un an. Et finalement, au bon cœur de l’administration, 50% de participation du montant de l’adhésion pour la prévoyance, 15€ pour la complémentaire. Que les agents ne se plaignent pas, c’est pas si mal vu le contexte budgétaire de la collectivité !!!
Le 2ème point était l’évolution de l’offre de restauration d’automne 2022 à fin 2023 aussi. Résultat : le regrettable dossier porté en CST de mai 2024 sur la prestation sociale. Une grande blague nous le répétons, qui implique une logistique aussi chronophage pour le service RH qui en assure la gestion qu’irréalisable pour les agents qui, à croire que cela était l’objectif, renoncent petit à petit à se faire rembourser une partie de leurs repas. Il serait bienvenu d’ailleurs de faire un premier bilan.
Faire une analyse de la mise en œuvre d’un COS était le 3ème engagement de la collectivité pour le second semestre 2024. Autant dire que la réalité de l’époque nous a éloigné de cet axe de travail.
Enfin, l’évolution des prestations sociales était au programme pour 2026. Il s’agissait « d’intégrer une dimension plus ouverte et plus équitable. Rendre plus accessible les chèques vacances ; actualiser et revaloriser les autres prestations sociales ».
La FSU n’est pas restée à regarder le train passer en séance pour s’indigner a postériori dans des postures communicationnelle. Nous le redisons aujourd’hui : les agent.es des services publics ne doivent pas payer la crise budgétaire tant national que local. C’est pourtant bien la solution trouvée à la fois par le gouvernement et par le département : faire les poches des agent.es de la fonction publique pour renflouer les caisses.
Propos liminaire FSU du CST du 04 décembre 2025