Conseil départemental de l’Hérault

DGA-SD : souffrances au travail et invisibilité

Hier en Comité Technique les élu-es FSU sont intervenu-es sur deux points qui touchent actuellement de près la DGA-SD.

D’abord l’absence de dialogue social à la DGA-SD alors que des agents expriment leurs souffrances au travail : le 28 mai dernier les agents de la DGA-SD apprenaient directement du DGS la création future de 20 postes puis ce mercredi il leur apprenait, toujours par courrier, la budgétisation de 16 postes de renforts décidés par le Président en début de semaine. Tout ceci n’a pas été abordé préalablement dans le cadre d’un réel dialogue social avec les syndicats de la collectivité, qui pourtant, accompagnent les agents qui tentent de se faire entendre, et nous ne savons pas quels métiers ni quels sites sont concernés dans la mesure où aucun critère n’a été préalablement discuté.

Ensuite l’absence d’hommage national en faveur d’Audrey Adam, assassinée dans l’exercice de ses missions, qui loin de relever de l’anecdote ou du sensationnalisme, revêt de notre point de vue une importance capitale pour tous les personnels qui reçoivent et accompagnent les difficultés sociales et éducatives, les détresses et les souffrances à la DGA-SD mais aussi à la DGA-DETIE.

Ces deux points ont en commun qu’ils traitent du besoin de reconnaissance des conditions de travail de ces agents au travers des difficultés de l’exercice de leurs missions.

« Madame La vice-présidente,

Nous souhaitons intervenir sur deux points distincts mais qui indirectement peuvent être liés.

Tout d’abord sur ce qu’il se passe à la DGA-SD. Vous n’êtes pas sans savoir que de nombreux services de cette direction sont actuellement mobilisés, sous différentes formes et à différents endroits du territoire héraultais. Avant d’exprimer leur colère ou leur désarroi, parfois les deux, les agent-es ont questionné leur encadrement et les ont informé à la fois de leur incapacité à rendre le service public mais aussi de la dégradation accrue de leurs conditions de travail. Aujourd’hui encore ces agent-es étaient en mouvement, dans l’attente de signaux forts de la collectivité. Parce qu’à la FSU nous sommes toutes et tous agents dans les services au moins la moitié de notre temps de travail, nous apprenons il y a quelques jours la budgétisation de 20 postes à venir et tout dernièrement l’embauche de 16 postes de renforts. Si nous nous réjouissons que nos appels aient été entendus, nous regrettons qu’à aucun moment cela n’ait donné lieu à un dialogue avec les organisations syndicales de la collectivité, alors même qu’une réunion avec la DGA-SD a eu lieu quelques jours auparavant. Une nouvelle fois le dialogue social, dont nous avons bien compris qu’il se déroulait avec cette direction en mode contraint, est au point mort puisque des éléments importants et directement en lien avec le malaise exprimé par les agent-es étaient absent de la discussion. Nous demandons donc l’organisation urgente d’une réunion en présence de l’exécutif, de la DGA-SD et de la DGA-RH pour mettre à plat, sur le fond comme sur la forme, la manière dont la collectivité compte répondre, sur le court comme le long terme, aux difficultés des agents. Vous aurez compris qu’il y a urgence à instaurer un dialogue social constructif et responsable.

L’autre point de notre propos concerne le décès d’Audrey Adam, notre collègue Conseillère en Economie Sociale et Familiale du département de l’Aube, assassinée le mois dernier dans l’exercice de ses fonctions.

Si les organisations syndicales lui ont rendu hommage, ainsi que l’exécutif départemental, et même si l’on regrette que vous ayez raté l’occasion de vous joindre à notre appel à lui rendre hommage ce mardi 1er juin, nous ne pouvons accepter de maintenir ce drame dans la confidentialité d’un fait divers, le Gouvernement, comme les médias, préférant en effet concentrer l’actualité sur les hommages à Éric Masson, policier âgé de 36 ans, décédé brutalement lui aussi 15 jours plus tôt à Avignon. Pourtant, loin d’être anecdotique, cette tragédie vient agrandir la funeste liste des travailleurs sociaux décédés dans l’exercice de leurs fonctions. Pour rappel, en mars 2015, Jacques Gasztowtt, éducateur spécialisé du Service Social de Protection de l’Enfance de Nantes, est tué lors d’une visite médiatisée par le père d’une enfant. En octobre 2017, Marina Fuseau, éducatrice spécialisée, est tuée de plusieurs coups de couteau dans un foyer éducatif de Poitiers.  En août 2020, Morgane Nauwelaers, psychologue à Annecy, est tuée par arme à feu par l’homme qu’elle soupçonnait d’inceste dans un signalement. Enfin le 19 février dernier, Cyril Pierreval, chef de service d’un Centre d’accueil de demandeurs d’asile (CADA) à Pau, est tué par un pensionnaire. Comme pour Audrey Adam, aucun d’eux n’a eu droit à un hommage national. La FSU ne souhaite pas en rester là car, pour notre organisation syndicale, cela relève d’un enjeu majeur concernant la visibilité des travailleurs sociaux, de leur rôle primordial en matière de cohésion sociale, des risques liés à l’exercice de leurs métiers, et de leurs singulières conditions de travail. Nous ne pouvons accepter que cet assassinat soit ainsi banalisé et marginalisé par le Gouvernement, au moment même où ce drame libère la parole de celles et ceux qui ont subi des violences, verbales comme physiques. Les travailleurs sociaux ne sont pas et ne seront jamais des agent-es publics de seconde zone.

Cette absence de considération participe de la banalisation des violences que subissent les travailleurs sociaux au quotidien, de l’accueil du public en grande difficultés aux visites à domicile et contribue aux difficultés que les professionnel-les connaissent aujourd’hui. Arrêts maladie, burn-out, lassitude, résignation ou colère sont aussi le résultat d’une non prise en compte de ce qui caractérise les difficultés des métiers du travail médico-social, et nous n’hésitons pas à faire le lien avec les cris de détresse de nos collègues rassemblé-es sur les parvis d’Alco et de Foch une nouvelle fois aujourd’hui. Vous l’aurez compris, nous refusons que la mort d’Audrey Adam ne soit pas reconnue par un hommage national.

Vous, Madame La vice-présidente, comme le Président de la collectivité, avez donc un rôle déterminant à accomplir en intervenant au plus haut niveau de l’Etat afin d’obtenir pour les agent-es territoriaux travailleurs sociaux une reconnaissance à la hauteur de leurs exercices professionnels. L’obtention d’un hommage national serait une première pierre pour la reconnaissance des conditions de travail de ces métiers.

Merci de votre attention. »

Valérie DEMANGE & Philippe URBIN

Elu-es FSU au Comité Technique