Conseil départemental de l’Hérault

Prime covid : l’hypothèse discrétionnaire confirmée

Depuis l’annonce par le président de la collectivité du versement d’une prime aux agents « ayant eu un surcroît d’activité pendant le confinement », la communication départementale n’a eu de cesse de se brouiller. Au point de devenir aujourd’hui inexistante. Pourquoi une telle opacité sur l’attribution d’une prime qui ne devait récompenser « que » les plus actifs et méritants d’entre nous ? Peut-être parce que comme nous le dénonçons depuis des mois, l’appréciation du mérite reste une donnée subjective, voire orientée… Un avant-goût de l’opacité qui entourera le versement de la part variable et au mérite du RIFSEEP ? Il est en tout cas légitime de le penser…

Mais revenons à « notre » prime COVID. Depuis des mois donc, le syndicat FSU fait de son attribution la chronique d’un naufrage annoncé : absence de qualification de la notion de surcroît, absence de transparence sur les critères d’éligibilité des agents, montants discrétionnaires, etc. Bref, un ensemble de faits qui ne pouvait générer qu’incompréhension, sentiment de mépris, d’injustice et pour finir de colère de la part de ceux qui l’ont perçue comme de ceux qui en ont été écartés.

Lors du CT du 4 février dernier, le syndicat FSU a, une énième fois, interpellé l’administration afin de clarifier ce dossier. En vain. Rien que du très normal pourrait-on dire si nous étions moqueurs. Car est naïf celui qui croit qu’une collectivité territoriale a des comptes à rendre aux représentants du personnel sur l’utilisation singulière qu’elle fait de l’argent public. Mais ce ne sont là que basses moqueries. Face à ce troublant silence donc, notre organisation syndicale a pris le parti d’interroger directement les agents via leur messagerie. Face aux remerciements et aux encouragements que cette initiative a provoqué, force a été de constater que les agents de terrain sont plus prolixes et transparents que la haute administration. Force a également été de constater que les cadres de proximité ont joué le jeu de la déclaration du montant alors que ceux « opérationnels », qui ont bénéficié des montants les plus élevés, sont restés aux abonnés absents. Malgré la garantie de l’anonymat. Pourquoi tant de pudeur alors que cette prime ne vient théoriquement que financer un « effort » supplémentaire de travail/d’encadrement ? La honte peut-être d’avoir touché une prime que leurs agents n’ont pas eu malgré une quotité de travail identique, ou sinon à des montants bien inférieurs à la leur… Ou peut-être n’ont-ils pas répondu par simple « oubli » d’avoir sortis les mails FSU de leur anti-spam… Un « oubli » qu’ils s’empresseront de combler lorsque leurs subordonnés, à la lecture de cet article, leur demanderont des éclaircissements. N’en doutons pas.

Une centaine d’agents ont donc répondu à notre sondage (et nous les en remercions chaleureusement). Un bel échantillon qui nous permet de confirmer ce que nous subodorions déjà…

 

Cet article est extrait de la revue numérique FSU « Comprendre & Agir #11 que vous pouvez télécharger et lire ici